Retour à l'accueil
Présentation
Facteurs
Les 4 volets de la démarche
Les dispositifs
Echanges
Téléchargement
Glossaire




Retour

Jean-Yves Kirion

« La gestion de la compétence passe par un management adapté »

Nous avons lancé le chantier GPEC début 2002, précise Jean-Yves Kirion, DRH de Santé service, établissement privé d’hospitalisation à domicile à but non lucratif.
Sans négliger l’aspect quantitatif de cette question portant plutôt sur les emplois, traitée par ailleurs, nous avons choisi d’insister sur l’aspect compétences de la GPEC, socle de notre démarche.

Première étape : Apprécier la cohérence et la pertinence de l’organigramme de l’établissement.
A l’origine de la démarche, il est indispensable de se poser la question du “qui évalue qui et qui manage qui”. Cette réflexion sur l’organigramme permet de baliser la gestion des compétences pour l’ensemble de la structure et de valider en amont la logique organisationnelle et son objectif.

Cela permet aussi de s’assurer qu’aucune équipe ne soit en situation de ne pas être évaluée. Cela nous a amenés à faire évoluer notre organisation et à repositionner certaines équipes. Nous avons décidé, par exemple, que tous les intervenants chez le patient devaient être placés sous une même responsabilité qu’ils soient dans la filière soin ou psycho-sociale.

La gestion de la compétence passe par un management adapté. Le manager doit pouvoir apprécier l’écart entre les compétences réellement maîtrisées et les compétences “cibles”.

La deuxième étape a été la construction des référentiels métiers/compétences. Nous en avons une quarantaine qui couvrent l’ensemble des fonctions exercées à Santé Service.

Au-delà de l’approche classique des référentiels (finalité/activités/compétences), nous les avons complétés par un tableau d’aide à l’évaluation. Celui-ci définit les situations (deux ou trois par compétence) dans lesquelles on peut observer telle ou telle compétence mise en œuvre. Cet outil complémentaire permet d’objectiver l’appréciation du manager et la rend plus indiscutable dans le cadre des entretiens annuels d’évaluation.

Concernant l’entretien annuel d’évaluation qui est l’outil pivot de notre démarche, nous l’avons entièrement défini et adapté à notre établissement, dans une logique de progrès individuel et donc de progrès collectif. A cet égard, on peut noter d’ailleurs, qu’au-delà de la gestion des compétences, l’entretien annuel d’évaluation est un élément contributif intéressant à l’efficacité d’une démarche qualité, en cela que les objectifs individuels fixés peuvent être, pour partie, la déclinaison des objectifs “qualité” de l’établissement. »

Chez Santé Service, cet entretien est construit assez classiquement en trois étapes :
• Bilan de l’année N-1 et objectifs de l’année N
• Grille d’évaluation des compétences. Grille spécifique pour chaque métier reprenant la partie compétences de chaque référentiel. Il s’agit de déterminer l’écart entre les compétences maîtrisées et les compétences “cibles” et de donner, autant que faire se peut, les moyens au salarié de combler ce GAP. On s’inscrit clairement et expressément dans une logique de progression individuelle.
• Formation/évolution professionnelle : recensement des besoins de formation et prise en compte des souhaits d’évolution professionnelle (évolution hiérarchique, mise en œuvre d’une expertise en tant que référent, mobilité géographique…).

« Nous avons dû beaucoup travailler en amont, précise Jean-Yves Kirion. Nous avons notamment informé sur les motivations de cette opération et communiqué de manière transparente auprès de tous les salariés et des instances représentatives afin de lever les légitimes interrogations sur les objectifs d’une telle démarche. Nous avons tenu une dizaine de réunions, établi et largement diffusé des documents pédagogiques et aisément accessibles et enfin mené une opération de formation des évaluateurs.

Nous avons commencé à évaluer en 2003 puis nous sommes montés en puissance au fur et à mesure de la réalisation des référentiels métier/compétences et, en 2005, nous avons pu évaluer l’ensemble des salariés évaluables. »

Des documents de synthèse sont élaborés à l’issue de la campagne d’évaluation. Ils permettent de mettre en évidence les besoins de formation et ainsi d’accompagner la progression des salariés.
Après les interrogations de la première année, la démarche est dorénavant appréciée même si nous avons encore à peaufiner et à améliorer notre processus. Notamment, les salariés sont en attente d’une réponse plus qualitative à l’issue de l’entretien. Ils doivent au minimum avoir un feedback de leur évaluation et des actions ou moyens qui vont accompagner leur progression.
C’est en fait là que se joue la crédibilité de la démarche.

« Nous souhaitons dorénavant franchir une nouvelle étape dans la gestion des évolutions professionnelles en détectant et gérant de manière individualisée les salariés à fort potentiel. »
Une démarche GPEC n’est que difficilement reproductible d’un établissement à l’autre. On peut bien sûr s’inspirer d’outils ou d’écrits existants et ils sont nombreux, mais on ne peut pas échapper à une adaptation spécifique et à une réflexion en profondeur sur les métiers tels qu’ils sont exercés, sur la logique organisationnelle et stratégique d’un établissement.

Ceci permet ensuite d’appréhender l’émergence de compétences voire de métiers nouveaux. Cela permet aussi d’optimiser les recrutements. Etre infirmière en HAD demande, par exemple, des compétences spécifiques.

Enfin, une politique de formation dynamique permet de répondre concrètement aux attentes de salariés soucieux de développer ou maintenir leurs compétences et leur employabilité.

 

Cette rubrique vous permet de proposer votre projet relatif à la gestion des effectifs, des métiers et des compétences pour lequel vous sollicitez un co-financement de l’ARHIF.
Accéder

Les précurseurs franciliens de la démarche métiers-comptétences ont la parole...
Accéder aux études de cas
Lire les témoignages

L'essentiel des fiches de partage d'expérience classées suivant les établissements
Accéder aux documents
Site du C2R Santé