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Sakil Valimohamed

« La GPEC est aussi une affaire de terrain »

Depuis presque 3 ans, Sakil Valimahomed, cadre supérieur du pôle de psychiatrie et de santé mentale de l’hôpital d’Argenteuil a pris en charge la problématique “métiers et compétences”. « J’ai été confronté dès mon arrivée à un problème de recrutement infirmier. Avec ma direction des soins et celle des ressources humaines, j’ai voulu dès le départ mettre en place une gestion des effectifs et des compétences pour la psychiatrie. Après un bilan des effectifs faisant apparaître pas mal de postes vacants, j’ai constaté qu’il fallait former des infirmières en travaillant autour des compétences pour les fidéliser sur cette spécialité.

La démarche a été d’embaucher du personnel avec l’idée de les faire tourner sur l’ensemble du pôle psychiatrie afin qu’on puisse travailler sur leurs compétences. Par ailleurs, plutôt que de les affecter à n’importe quel poste, j’ai proposé à chacun de cibler en fonction de leurs choix et des besoins du pôle. Ainsi, lorsque deux départs à la retraite se sont produits, j’avais d’emblée la bonne réponse. Ce qu’on pourrait appeler des “postes tournants d’apprentissage” portent leurs fruits. »

En ce qui concerne le recrutement des infirmières, la première action consiste à faire intervenir tout le monde, du responsable de pôle à la jeune infirmière, dans les IFSI. Cette action générale de formation a permis d’avoir des candidatures extérieures. « Cela a très bien marché, constate Sakil Valimahomed, puisque nous avons pu affecter 80 % des postes en un an. Par ailleurs, j’ai créé une unité de tutorat et de recherche para-médicale. Ainsi la transmission du savoir se fait tant par le tutorat que par la réflexion sur la recherche. Tout le personnel para-médical y est associé ce qui permet de se faire connaître et de combler aussi des postes selon les besoins. » Pour l’instant, le travail de recherche porte sur des thèmes comme “la personne de confiance en psychiatrie”. « En nous faisant connaître par le travail de recherche et par les cours que nous donnons dans les écoles, nous avons reçu beaucoup de candidatures. Pour chacune d’entre elles, nous faisons tout un travail avec un système “muti-partite” autour de l’entretien d’embauche. Je reçois, avec le responsable de pôle, toutes les candidatures. Ensuite, il y a une présentation à tous les chefs de service et enfin, on imagine le poste qui correspondrait le mieux aux attentes. Puis, le candidat est orienté vers la direction des soins ou la DRH pour qu’une décision définitive soit prise. Le choix est vraiment fait en commun. »

La démarche s’est articulée en trois temps : bilan des effectifs, prévisionnel sur les départs, mise en place du tutorat et de la cellule de recherche pour travailler sur les compétences. « La réponse positive est venue très vite constate Sakil Valimahomed. Mais cela a demandé l’engagement de tous les acteurs du pôle psychiatrie et santé mentale, de la direction des soins et de la DRH. En fait je faisais de la GPEC sans le savoir. La GPEC ce n’est pas seulement une affaire de DRH, c’est aussi une affaire de terrain. En tout cas, cela a changé le mode de réflexion pour tout le personnel du pôle. Cette organisation en pôle me donne beaucoup de liberté pour cibler au plus près les besoins du terrain. »

 

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